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La conjoncture de Rungis : les tendances générales de la semaine du marché de gros

  • SEMAINE 13 (23 MARS AU 28 MARS 2020)

fruits et légumes {PNG}Fruits et légumes
En cette fin de deuxième semaine de confinement, le marché a beaucoup évolué. La première semaine, nous avons constaté une forte activité. La demande a explosé face à une offre qui a peiné à suivre et les cours se sont envolés. Les effets du confinement sont de plus en plus perceptibles cette semaine avec la fermeture de la plupart des marchés « ouverts », cumulée à la baisse de la demande des consommateurs, qui n’effectuent plus que des compléments d’achats après les réserves faites la première semaine. Ceci a engendré une forte chute des ventes sur le MIN.
Les débouchés se referment pour les grossistes de Rungis qui dans des conditions de travail difficiles (effectifs réduits, mises en place de mesures d’hygiène) peinent à écouler leurs stocks. Le petit commerce parisien, les magasins de primeurs et les supérettes sont à l’heure actuelle les principaux débouchés. Les services de livraison sont de plus en plus sollicités.
Les produits de saison tels que l’asperge et la fraise sont notamment difficiles à écouler face à une demande qui s’oriente vers les produits de première nécessité. Des articles tels que la pomme de terre, la carotte ou le chou-fleur, les pommes ou les agrumes font toujours l’objet d’une demande soutenue. Les salades traditionnelles sont plus difficilement écoulées, les acheteurs privilégiant les produits de quatrième gamme tels que sucrine ou iceberg. La banane très recherchée dans un premier temps s’écoule plus difficilement.
En fruits, les produits riches en vitamines C restent recherchés (agrumes, kiwi). Les apports sont plus réduits en fraise mais la demande est encore timide et les prix restent bas. Les produits exotiques sont délaissés d’autant plus que les marchandises acheminées par avion se raréfient (plus de fret bon marché lié à l’interruption du trafic aérien passager). Les produits tels que la mangue du Pérou (acheminée par bateau conteneur) restent encore disponibles mais essentiellement distribués par les grandes surfaces.
Pour l’instant il n’est pas constaté d’effet spéculatif sur les prix. Bien au contraire, les consommateurs qui pour la plupart préfèrent miser sur les produits secs ou surgelés boudent la gamme des produits frais et l’incidence sur les prix est plutôt baissière.

viandes {PNG}Viandes
Lundi, le marché est très calme avec des volumes échangés bien inférieurs à un lundi habituel (déjà calme en raison de la fermeture hebdomadaire de nombreux artisans).
La fermeture des marchés ouverts entraîne dès mardi une forte baisse de la fréquentation et des achats sur le MIN. Malgré une réduction drastique des approvisionnements par les grossistes, les resserres de lundi, les arrivages du jour et la reprise de la marchandise aux artisans forains conduisent à une offre gigantesque avec des resserres très importantes en fin de marché qui vont alourdir les marchés jusqu’en fin de semaine.
Le commerce est fluide pour les œufs Bio et plein air. À l’inverse la demande est très faible pour les œufs de poules en cage. La fermeture des marchés forains pénalise fortement ces derniers. Les cours fléchissent légèrement dans l’ensemble.

poissons {PNG}Produits de la mer et aquaculture
Le ralentissement des ventes s’est fait sentir progressivement sous la halle parisienne tout au long de la semaine. En effet, la demande conjointe de la grande distribution, de ce qu’il reste de la restauration collective, et un besoin de réapprovisionnement accru pour le détail traditionnel et les marchés de proximité, ont permis de maintenir une réelle activité jusqu’à jeudi. Le déclin progressif de l’offre, par la fermeture annoncée de bon nombre de mareyeurs et de fournisseurs essentiels, ne permet pas d’endiguer une forte baisse des cours dans l’ensemble des espèces. Vendredi, le confinement de la population et la perturbation des circuits de commercialisation produisent tous leurs effets avec un ralentissement général et marqué de l’activité sous la halle de la marée de Rungis.

Fleurs {PNG}Fleurs coupées
Le secteur horticulture du MIN de Rungis est actuellement fermé.

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