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Clôture nationale de la 3ème édition des Trophées de la Bioéconomie (2020-2021) : 3 lauréats nationaux désignés par le jury.

Ce concours récompense des projets selon trois catégories : biomatériaux, chimie biosourcée, bioénergies.

La biomasse mobilisée peut être d’origine agricole, aquacole, forestière ou encore liée à la valorisation des biodéchets.

Rappel du déroulement du concours :

Après une première sélection par un jury régional qui a fait en Île-de-France émerger deux projets (un lauréat -le projet de Coopération Végétale- et une mention spéciale du jury à l’entreprise -Cycle Terre-), une seconde sélection par un jury national parmi les lauréats régionaux des Trophées a été réalisée.

Les lauréats nationaux :

Dans la catégorie chimie du végétal le projet normand "Blue and Pastel" (Calvados), porté par un collectif d’agriculteurs céréaliers (en agriculture conventionnelle et biologique), qui vise à réimplanter la culture du pastel (plante à indigo), afin de produire un colorant naturel bleu et une huile biosourcée.
En termes d’application, les domaines visés sont :

  • l’industrie du textile (lin),
  • la cosmétique (huile, crèmes),
  • la coiffure (teinture naturelle pour les cheveux),
  • la pharmaceutique (principes actifs),
  • la gastronomie (colorants alimentaires).

Afin de substituer aux colorants chimiques des colorants naturels, la couleur bleue indélébile issue du pastel constitue un produit très recherché.

Dans la catégorie matériaux biosourcés, le jury a désigné 2 projets ex-aequo :

Le dossier breton, porté par la SARL TERREMO’LOGIC (Morbihan), vise à valoriser les coquilles d’œufs (qui sont des déchets auparavant dirigés vers un centre d’enfouissement), en produisant un paillage et un amendement calcaire pour la jardinerie, le maraichage et l’arboriculture (le produit a un pouvoir répulsif contre les limaces et les escargots). Les coquilles transformées peuvent être épandues en champs, notamment pour la culture de céréales, dont certaines sont destinées à l’alimentation des poules pondeuses (d’où un cercle vertueux d’économie circulaire). Le procédé est opérationnel depuis 2016-2017. Les agréments et autorisation de mise sur le marché ont été obtenus en 2018. Les premiers produits ont également été commercialisés en 2018.

Le projet de Nouvelle-Aquitaine porté par la société Traille (Pyrénées-Atlantiques) vise, à partir de stocks de laine inutilisés, à proposer des isolants naturels et durables aux marques de mode (débouché textile). Il s’agit donc de la valorisation d’un produit biosourcé, jusque-là considéré comme un déchet (jeté, brûlé ou enfoui). En outre, l’apport financier pour les bergers permet de compenser les frais de tonte. La réalisation de prototypes a eu lieu en juillet 2020. La phase d’industrialisation est à présent terminée. Des accords de principe ayant été obtenus auprès de plusieurs marques, une première production a été lancée fin avril 2021 en vue d’une mise sur le marché.

En revanche, la catégorie bioénergies a été déclarée infructueuse, au vu du seul lauréat régional présent (Occitanie) : un projet de micro-méthanisation (couverture de fosses de lisier et fumier). En effet, les récentes évolutions de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) pour la méthanisation ne permettent pas de le récompenser.

Le jury national a voulu préciser que tous les autres lauréats régionaux avaient également des projets très intéressants, riches et porteurs d’avenir et que le choix des lauréats nationaux ne fut pas aisé. Le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a doté chacun des trois projets d’un montant de 10 000 euros.