La forêt de Montmorency est classée en forêt de protection par décret du 30 mars 2026
Par décret du Premier ministre paru au Journal officiel le 1er avril 2026, la forêt de Montmorency (Val d’Oise) est classée en forêt de protection. Le périmètre du classement couvre 2154 hectares et concerne une partie du territoire des communes de Andilly, Bessancourt, Béthemont-la-Forêt, Bouffémont, Chauvry, Domont, Frépillon, Montlignon, Montmorency, Piscop, Saint-Brice-sous-Forêt, Saint-Leu-la-Forêt, Saint-Prix, Tavergny et Villiers-Adam.
Fruit d’un travail de plusieurs années conduit par les services de la Direction départementale des territoires (DDT) sous le pilotage du préfet du Val d’Oise, ce classement a fait l’objet d’une large concertation permettant d’aboutir un périmètre qui fait consensus avec les acteurs locaux.
Ainsi, ce sont plus de 2000 ha de forêt appartenant à l’État, à des collectivités et à des propriétaires privés qui sont désormais protégés de toute urbanisation pour le bien-être des populations d’aujourd’hui et de demain ! Une décision forte face aux pressions foncières et urbaines auxquels les territoires naturels sont confrontés en Île-de-France.
En termes de préservation des surfaces forestières, le statut de forêt de protection est le dispositif juridique le plus protecteur car il fige le foncier forestier : "Le classement comme forêt de protection interdit tout changement d’affectation ou tout mode d’occupation du sol de nature à compromettre la conservation ou la protection des boisements" (art. L.141-2 code forestier).
Le classement en forêt de protection n’est pas une « mise sous cloche » de la forêt. La partie publique du massif forestier (95% de la surface classée) continuera d’être gérée par l’ONF selon le principe d’une gestion multifonctionnelle. Ainsi l’accueil du public, l’exploitation forestière et la préservation de l’environnement continueront d’y être activement maintenus et valorisés.
Un cadre patrimonial exceptionnel : naturel et culturel
La forêt de Montmorency est une forêt essentiellement domaniale, acquise par l’État en plusieurs étapes successives au cours du XXème siècle. Il s’agit d’une ancienne forêt privée qui s’étend sur un espace vallonné, parsemé de sites historiques et naturels comme des étangs, des tourbières ou encore des arbres remarquables.
Située à une vingtaine de kilomètres au nord de Paris, la forêt de Montmorency est unique en Ile-de-France car elle regroupe des enjeux forts à la fois historiques (ancien domaine royal), patrimoniaux (sites archéologiques, château de la chasse…), faunistiques et floristiques (ZNIEFF, réserves biologiques…) mais aussi d’accueil du public avec près de 5 millions de visiteurs par an.
La forêt intègre également des enjeux économiques importants. Au-delà de l’exploitation forestière, la forêt de Montmorency a une histoire industrielle bien particulière, liée à la présence de gypse dans son sous-sol. Cette ressource, considérée comme étant d’intérêt national, est exploitée depuis de nombreuses années. L’exploitation du gypse reste compatible avec le statut de forêt de protection et pourra continuer d’être réalisée en souterrain (voir décret gypse : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000036777521).
Une forêt aux multiples usages
Cette forêt en périphérie d’agglomérations est la plus grande forêt du Val-d’Oise. Elle est très fréquentée et les multiples usages de cet espace (lieu de loisir, réservoir de biodiversité, gisement de bois) sont forts et parfois délicats à concilier.
L’accueil d’un public nombreux doit se faire sans mettre en péril l’intégrité du massif. Pour cela les visiteurs doivent veiller à respecter les consignes et bonnes pratiques lors de leur passage en forêt.
Composée à 70% de châtaigniers (lié à l’histoire viticole du territoire), la forêt de Montmorency est touchée par la maladie de l’encre, une maladie provoquée par un pathogène microscopique qui détruit le système racinaire des arbres. Aucun traitement curatif n’existant contre cette maladie, des coupes sanitaires peuvent être nécessaires sur certaines parcelles, suivies d’opérations de replantation de nouvelles essences forestières (réintroduction du chêne et d’autres essences feuillues) par l’ONF pour réduire la vulnérabilité de la forêt aux maladies et l’adapter au mieux au changement climatique.
Un 8e classement à l’échelle de l’Île-de-France
Si ce classement est une première dans le département du Val d’Oise, il est le 8e massif à être classé en Île-de-France, à la suite des massifs forestiers de Fontainebleau, Rambouillet, Sénart, Fausses Reposes, l’Arc boisé du Val-de-Marne, Saint-Germain en Laye, et Bondy. La surface forestière couverte par la servitude forêt de protection en Île-de-France s’élève donc désormais à près de 67 000 ha, soit 25% de la surface forestière francilienne.
Conformément au Programme régional de la forêt du bois 2019-2029 actuellement en vigueur en Île-de-France, la stratégie de classement des massifs franciliens se poursuit. Plus particulièrement dans le Val d’Oise, le classement de la forêt de Montmorency ouvre la voie au classement du massif de l’Isle-Adam dont la procédure de classement est engagée par les services de la DDT 95.
En savoir plus :
- Périmètre détaillé de la forêt de Montmorency : https://www.geoportail-urbanisme.gouv.fr/map/#tile=1&lon=2.248077392578125&lat=49.01869590139532&zoom=13&mlon=2.320554&mlat=48.992605