Conférence régionale de la souveraineté alimentaire : l’Île-de-France a défini sa feuille de route à 10 ans et se prépare à accompagner les projets agricoles d’avenir
Lancées le 8 décembre 2025 par la ministre Annie Genevard dans le cadre de la LOSARGA du 25 mars 2025, les Conférences de la souveraineté alimentaire définissent la stratégie agricole et agroalimentaire française à 10 ans.
Ces conférences visent à fixer de façon collective et pour chaque filière les ambitions de la France en matière de souveraineté alimentaire en tenant compte des évolutions de marché mondiales, européennes et nationales, du contexte géopolitique, de l’impact du changement climatique et de la disponibilité des ressources. Exercice inédit, elles reposent sur une gouvernance collaborative, organisée à deux niveaux : national et régional. L’objectif final de cette démarche consiste à construire une stratégie française de souveraineté alimentaire ambitieuse, partagée et opérationnelle.
En Île-de-France, les équipes du secrétariat aux politiques publiques de la préfecture de la région, de la direction régionale et interdépartementale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, du conseil régional et de la chambre d’agriculture de région, se sont réunies pour mettre en place et piloter la démarche.
Cette démarche a reposé sur un comité de pilotage associant les principaux représentants des filières franciliens. Une réunion plus large a également été organisée le 29 mai à la préfecture de région.
Ce travail qui s’est déroulé de mars à juin 2026, la déclinaison francilienne des conférences de la souveraineté alimentaire a mis en évidence le dynamisme du territoire et la nécessité d’accompagner la diversification de l’agriculture francilienne qui contribue à garantir une meilleure rémunération des producteurs.
Si la région ne peut prétendre à l’autosuffisance alimentaire, il apparaît essentiel de renforcer les dynamiques engagées localement afin d’accroître la diversification des productions agricoles franciliennes et la part des produits franciliens dans l’alimentation de la population, ce qui permettra aussi de renforcer la résilience d’une production agricole francilienne devenue trop spécialisée.
Une feuille de route a ainsi été établie pour les productions franciliennes, avec comme principaux objectifs à horizon 2035 :
- l’augmentation de 50% de la production d’œufs (plus de 20 projets d’installation d’élevage ont déjà pu être recensés) ;
- le doublement du cheptel ovin ;
- l’engraissement de 1 000 jeunes bovins supplémentaires par an ;
- l’émergence de projets locaux de formulation d’aliments pour animaux ;
- le doublement de la production régionale de pâtes alimentaires ;
- le doublement de la production régionale de farine issue de l’agriculture biologique ;
- le développement de la consommation et de la production de fruits et légumes de saison ;
- le développement de la production de protéines végétales et de fibres végétales textiles (chanvre et lin) ;
- la multiplication au moins par 5 de la production aquacole régionale.
En outre, ces travaux ont permis de recenser 98 projets concrets portés par les acteurs des filières agricoles et agro-alimentaires et les collectivités du territoire. Ces projets témoignent du dynamisme des acteurs des territoires franciliens et d’une volonté collective de tirer profit du bassin démographique et de l’attractivité économique et touristique de la région pour diversifier les productions agricoles et renforcer la résilience d’une agriculture locale appelée à jouer un rôle croissant dans l’alimentation de la population francilienne. Ces projets de structuration de filières permettent aussi de renforcer la contractualisation entre chaque maillon pour garantir une meilleure rémunération des producteurs franciliens.
À l’issue des travaux des conférences de souveraineté alimentaire, une synthèse régionale a été adressée à la ministre de l’agriculture : cf. ci-dessous.
Ce que dit la contribution francilienne
En juillet 2026, le préfet de la région d’Île-de-France, préfet de Paris, Georges-François Leclerc, et le président de la chambre d’agriculture de région Île-de-France, Damien Greffin, ont adressé à la ministre de l’Agriculture la contribution francilienne aux conférences de la souveraineté alimentaire, qui a associé le Conseil régional.
Le calendrier des travaux
- 16 avril : comité de pilotage élargi aux acteurs des filières, qui a confirmé l’existence de projets matures en élevage avicole (œufs et volailles de chair) et le rôle de la restauration collective comme levier de diversification.
- Avril à juin : quatre ateliers sur la distribution, la logistique, la filière blé-farine (le blé francilien étant aujourd’hui très majoritairement exporté) et la restauration collective.
- 29 mai : réunion plénière, point d’étape et premiers objectifs à 10 ans. Présentation de projets emblématiques.
- 30 juin : réunion de clôture, qui a présenté un premier projet de contribution ensuite amendé.
Les constats
- La production francilienne est encore trop spécialisée dans les céréales et les oléagineux. Sa diversification doit répondre plus directement aux besoins du premier bassin de consommation de France et recréer un lien entre les Franciliens et les productions de leur territoire.
- Elle doit aussi mieux concilier souveraineté alimentaire et préservation des ressources naturelles, en particulier la qualité de l’eau et la biodiversité.
Répartition des 98 projets recensés
29 en grandes cultures, 19 en fruits et légumes, 14 en élevage, 9 en aquaculture, 5 en filières spécialisées et 22 multi-filières. Leur nature et leur niveau de maturité sont très variables.
Les travaux vont maintenant se poursuivre avec d’identification et la labellisation des projets d’avenir agricole, tel que le prévoit l’article 1er de la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, de façon à accélérer leur concrétisation.
Des ateliers seront également organisés dans les prochains mois sur certains sujets clés pour l’accompagnement des projets.
Plus d’informations à venir très bientôt.