Restructuration du foncier forestier : « Grand Paris Seine et Oise » choisi par l’Etat pour expérimenter des actions durant 2 ans
Une dizaine de communes appartenant à la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (Yvelines) bénéficiera de septembre 2026 à septembre 2028 d’un accompagnement public destiné à réduire le morcellement foncier qui touche une partie de leurs forêts. Financée par la DRIAAF, cette action mobilise le CNPF, la SAFER et les Collectivités forestières d’Île-de-France. Les enseignements tirés de l’expérimentation seront mis à disposition des collectivités ou collectifs de propriétaires désireux de s’engager dans des actions foncières similaires en Île-de-France.
L’initiative part d’un constat bien connu : la forêt francilienne, principalement détenue par de petits propriétaires privés (150 000 propriétaires), est très morcelée. Chaque propriétaire forestier détient en moyenne un hectare de forêt. Cet émiettement de la propriété rend difficile la mise en gestion des parcelles qui – la plupart du temps – ne peuvent être entretenues (notamment pour la prévention des incendies), exploitées pour leurs bois ou bénéficier d’actions d’adaptation au changement climatique : plantation d’arbres plus résistants au stress hydrique, diversification des essences et des classes d’âge pour rendre la forêt plus résiliente, etc.
Face à cette situation, et dans la foulée des Assises régionales du foncier forestier organisées en octobre 2025, la DRIAAF a lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) destiné à identifier un territoire volontaire pour une expérimentation de restructuration de foncier forestier.
Objectif : initier une dynamique locale et en tirer des enseignements susceptibles d’être utiles pour d’autres collectivités ou collectifs de propriétaires souhaitant réduire le morcellement forestier de leur territoire.
Plusieurs collectivités se sont déclarées intéressées et c’est la candidature co-portée par la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) et le conseil départemental des Yvelines qui a été choisie à l’issue du processus de sélection.
L’expérimentation portera sur 1 510 hectares de forêts privées et publiques situées dans le sud-est du territoire de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise.
Les zones forestières identifiées bénéficieront durant deux ans, de septembre 2026 à septembre 2028, d’actions concrètes destinées à réduire le morcellement du foncier forestier qui les touche. Pour ce faire, des acteurs reconnus de la filière forêt-bois seront mobilisés dans le cadre d’un partenariat financier avec l’Etat : il s’agit du Centre national de la propriété forestière (CNPF Île-de-France / Centre-Val de Loire), de la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural d’Île-de-France (SAFER), et des Collectivités forestières d’Île-de-France.
Aux côtés de GPS&O, du Conseil départemental des Yvelines et des communes concernées, le CNPF, la SAFER et les Collectivités forestières réaliseront des missions ciblées telles que :
- Développer une bourse foncière forestière locale,
- Sensibiliser les propriétaires à l’enjeu de la gestion durable des forêts,
- Inciter au regroupement des parcelles pour les propriétaires intéressés,
- Favoriser la maîtrise publique de parcelles forestières non gérées en initiant des opérations de biens vacants et sans maitre
- Faciliter la rédaction des actes notariés en effectuant un travail préparatoire
- Encourager les propriétaires forestiers possédant des parcelles contigües à les regrouper administrativement.
Au terme des deux années, les principaux enseignements tirés de l’expérimentation seront partagés par la DRIAAF auprès des acteurs désireux de s’engager dans des démarches de restructuration foncière forestière à l’échelle de leur territoire.
En Île-de-France, la forêt couvre environ 23% de la surface de la région. Les forêts portent de forts enjeux environnementaux (biodiversité, stockage de carbone, etc.), sociaux (loisirs, bien-être des populations, etc.) mais aussi économiques (production de bois). La forêt francilienne est constituée à près de 67% de forêts privées en majorité très morcelées, avec une surface moyenne par propriétaire d’environ un hectare, souvent non contigües et loin du seuil de gestion minimum généralement fixé à 4 ha. Dans ces conditions, l’extrême morcellement du foncier forestier constitue un frein majeur à la mise en gestion durable des forêts.