Plan « CASI Agriculture » : l’État déploie un fonds de réarmement agricole pour les exploitants franciliens
Après un été marqué par une sécheresse exceptionnelle, l’État se mobilise pour soutenir les agriculteurs d’Île-de-France confrontés à des pertes de récolte importantes. Le préfet de la région Île-de-France, préfet de Paris, Georges-François Leclerc, a annoncé le 18 septembre 2026 la déclinaison régionale du plan national « canicules, sécheresse et incendies » présenté par la ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire le 4 septembre dernier.
Un contexte climatique très difficile
Les conditions météorologiques du printemps et de l’été 2026 ont pesé lourdement sur les cultures franciliennes : moissons anticipées, rendements de maïs et de betterave fortement dégradés, cultures maraîchères, horticoles et arboricoles affectées par les canicules et le manque d’eau, et risques de pénurie de fourrage pour les éleveurs.
Un fonds de réarmement organisé autour de trois forfaits pour soutenir les exploitations les plus fragilisées
Un fonds de réarmement organisé autour de trois forfaits pour soutenir les exploitations les plus fragilisées
Le fonds de réarmement agricole francilien, piloté par les préfets de région et de département, vise à financer la remise en production des exploitations et l’alimentation des animaux. Trois niveaux de soutien ont été définis :
- les agriculteurs les plus en difficulté, déjà identifiés et suivis par la chambre d’agriculture de région dans le cadre des cellules départementales « Réagir », bénéficieront d’un forfait de 8 000 € ;
- les agriculteurs spécialisés qui ont des difficultés économiques (maraîchers, horticulteurs et pépiniéristes, arboriculteurs, viticulteurs et éleveurs d’herbivores), bénéficieront d’un forfait de 4 300 € ;
- les producteurs avec plus de 35% de culture de printemps (hors céréales à pailles, oignons et pommes de terre) bénéficieront d’un forfait de 2 000 €.
Un bonus de 1 000 € s’ajoute à ces forfaits pour tous les exploitants installés depuis 3 ans ou moins, quelle que soit leur production.
Pour plus de détail sur les modalités d’octroi de ce fonds de réarmement : https://driaaf.ile-de-france.agriculture.gouv.fr/fonds-de-rearmement-agricole-pour-les-agriculteurs-d-ile-de-france-a4453.html
D’autres mesures de renfort
Ce fonds s’accompagne de plusieurs dispositifs complémentaires :
- l’accélération du versement de l’indemnisation de solidarité nationale (ISN) et mobilisation du régime des calamités agricoles pour les pertes de fonds. L’obligation de répercuter ce dégrèvement sur les fermiers est renforcée.
- le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) : 40 % sur les terres arables et 30 à 50 % sur les prairies selon les départements, avec possibilité de solliciter des taux plus élevés auprès des services fiscaux. Ce dégrèvement représente environ 10 M€ mobilisés par les DDFIP à l’échelle de la région ;
- une enveloppe complémentaire pour la MSA d’Île-de-France, permettant la prise en charge de cotisations sociales et la mise en place d’échéanciers individualisés.
Soutien à la trésorerie des exploitations
- Prêts de trésorerie « sécheresse » : plusieurs banques proposent des prêts à taux réduit (environ 2,5 %). L’État prendra en charge les intérêts restants, pour un encours de 2 milliards d’euros, afin de financer notamment l’achat de fourrage et d’intrants. Pour un prêt à 2,5 % sur 2 ans, le coût en intérêts sera nul pour l’agriculteur.
- Nouveaux installés : lorsque la banque accorde un report du remboursement du capital en fin de tableau d’amortissement, l’État prendra en charge les intérêts et le surcoût liés à ce report.
Prolongation des aides « engrais » et « GNR », avances PAC renforcées
Le guichet d’aide à l’achat d’engrais azotés simples est prolongé jusqu’au 31 décembre 2026. Une facture non encore acquittée ou un bon de commande peut désormais être déposé pour enregistrer la demande, sous réserve de transmettre ensuite la preuve de paiement.
Pour le gazole non routier (GNR), le guichet d’aide est rouvert pour les mois d’avril, mai et juin et prolongé jusqu’à fin décembre 2026.
Les avances des aides PAC 2026 sont par ailleurs portées de 70 % à 75 %, avec un versement dès le 15 octobre.
Dérogations et suivi de terrain renforcé
Face à la sécheresse extrême des sols, les préfets de Seine-et-Marne, des Yvelines, de l’Essonne et du Val-d’Oise prennent des arrêtés autorisant les exploitants concernés à déroger à l’obligation de couverture des sols pendant l’interculture.
Les cellules départementales « sécheresse », mises en place cet été, sont pérennisées pour assurer un suivi rapproché en associant services de l’État, MSA, collectivités, chambre d’agriculture, organisations professionnelles et établissements bancaires.
Et maintenant ?
Vous pouvez dès à présent consulter les critères d’éligibilité, les pièces justificatives et les modalités de demande d’aides pour le fonds de réarmement sur la page dédiée.
Le dépôt des dossiers aura lieu de manière échelonnée, en fonction des catégories de bénéficiaires. L’instruction et le paiement des dossiers sera réalisée au fil de l’eau, jusqu’à épuisement de l’enveloppe budgétaire.
Les agriculteurs sont invités à se rapprocher du service agricole de leur direction départementale des territoires (DDT) pour connaître les dispositifs auxquels ils peuvent prétendre.
Les informations seront régulièrement mises à jour sur le site de la DRIAAF.
Une question concernant le plan CASI ? Consultez dès-maintenant notre FAQ